Médailles d'honneur des chemins de fer

Jeudi 24 novembre s’est tenue la cérémonie de remise des médailles d’honneur des chemins de fer. L’occasion pour 228 collaborateurs de se voir récompenser pour leur engagement remarquable au sein de Keolis Lyon. En effet, 98 médailles d’argent, 86 médailles vermeil et 44 médailles d’or ont été remises, et autant de parcours aux multiples anecdotes à raconter !

Avant de revenir sur la carrière d’Hayet, conductrice de bus à l’Unité de Givors et de Carole, responsable de la coordination des projets tramway, nous adressons un grand merci à toutes ces femmes et ces hommes qui ont œuvré au développement du territoire et se sont engagés au quotidien pour délivrer une mission de service public avec passion.

Hayet s’est vu remettre la médaille d’or ce jeudi.

Elle est rattachée à l’Unité de Transport de Givors, qu’elle n’a pas voulu quitter depuis 1988. Native de Grigny, elle conduit les lignes 78, 81, mais surtout la 80, sa préférée – « celle-ci c’est chez moi ». Véritable figure du paysage givordin, elle connait tous les voyageurs et tous les voyageurs la connaissent, car au volant de son bus, Hayet devient Tata !
« J’aime le social » explique Hayet, qui incarne l’engagement pour le service public « et puis je suis une maman, je sais être à l’écoute, ce qui se passe dans le bus reste dans mon cœur ! ».
Elle passe son temps de pause avec les jeunes lorsqu’ils ont besoin de parler, ou des moins jeunes, pour partager des conseils de cuisine ou de tricots avec les séniors, car ce qui l’anime, c’est définitivement l’humain !
Les jours de marché, nul besoin de sortir de son véhicule : cafés, macarons (son péché mignon !), légumes, ou parts de tarte…autant d’attentions que ses habitués lui rapportent au gré de leurs courses du jour.

Sa plus grande fierté ?

Avoir été la première femme à l’Unité de Givors ! « J’ai toujours aimé les métiers masculins, j’ai passé tous les permis, sauf la moto, et puis j’ai du caractère ! », voilà les ingrédients qui ont poussé Hayet à frapper à porte des TCL, pour ne plus les quitter pendant 34 ans.

Son conseil aux futures recrues ?

Aimer le métier, aimer l’humain et avoir la fibre ! « En tant que conducteurs, on a un rôle à jouer avec les autres ».
Dans 2 ans, elle prendra une retraite bien méritée, mais ne compte pas pour autant quitter ses lignes «  lorsque je serai grand-mère, je me ferai une carte et je prendrai le bus avec mes petits-enfants ! ».
Voilà de quoi rassurer les voyageurs des lignes 78, 80 et 81, qui s’inquiètent déjà de ne plus voir Tata au volant… !

Carole, quant à elle, occupe le poste de Responsable de la coordination globale des projets tramway du plan de mandat et cheffe de projet des systèmes tramway.

Elle aurait dû se douter que ses fonctions allaient être aussi vastes lorsqu’en 93 elle rejoint la « Direction des Grands Projets ».
Médaillée d’argent, après 30 ans passé à travailler sur des projets stratégiques, Carole a participé à ce qu’est devenu le maillage du réseau de transport en commun lyonnais aujourd’hui.

Travaillant au départ sur la partie système du poste de commandement de la ligne D avec un sous-traitant à Paris, c’est avec sa fille de 15 jours qu’elle passe son entretien pour rejoindre l’exploitant à Lyon. « Comme quoi la maternité n’est pas forcément un frein, il faut s’organiser, mais c’est possible ! ».

Embauchée, elle s’occupe d’abord des systèmes, du renouvèlement de la vidéosurveillance sur les lignes A, B et C, du remplacement des automates sur la partie funiculaire. Puis les études sur l’opportunité de développer le tramway sur le territoire ont émergé. C’est ainsi que Carole, experte système, migre sur la partie surface pour accompagner la création de la ligne de tramway T1 et T2.
Et pour être sûre qu’elle ne s’ennuie pas, on lui confie également tout un volet sur l’extension de la ligne de métro B jusqu’à Gerland !!
Pari tenu ! Après avoir travaillé pendant 2 ans pour arriver à une exploitation « sur-mesure » de ces nouveaux systèmes ferroviaires, vient l’extension de Perrache à Montrochet, la création de la virgule à Charpennes et de la station Croix-Luizet, la ligne T4 entre Jet d’Eau et le plateau des Minguettes, son extension, l’extension de Montrochet à Debourg sur la ligne T1, et enfin…la création du Pont Raymond Barre.

Travailler sur ce pont, c’est sa plus grande fierté, même s’il a causé quelques frayeurs, lors du passage de la première rame test. Tractée par un rail route en attendant le déploiement des lignes aériennes de contact, il a fallu que toutes les personnes présentes poussent la rame alors en pente, et en plein hiver !!!
Une belle anecdote avec du recul, tout comme ce 1er janvier passé au poste de commandement métro, pour s’assurer que tous les systèmes survivraient au fameux bug de l’an 2000.

Si elle avait un conseil à donner aux chefs de projets de demain : « être passionné, disponible. C’est un travail d’équipe, donc il faut être bon communiquant. Quand on est jeune on peut être timide mais ça se soigne ».
A 4 mois de la retraite, Carole a commencé à passer le relai de tous les prochains projets tramway, sans regret. « Je viendrai quand même aux inaugurations des prochains lignes » !
Et puis sa passion continuera de perdurer, en voyage « A chaque fois qu’on part quelque part, je prends toujours des photos des tramways de la région !!! Je ne peux pas m’empêcher de regarder… ! ».

Est-ce que l’histoire raconte quel est son tramway préféré ?
Le T6 ! Mais celui de Lyon ou de Prague qu’elle a adoré visiter ?
On vous laisse deviner…

Diaporama